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4.4 Mises en garde spéciales et précautions d’emploi Dans le cadre du traitement des symptômes post-ménopausiques, le THS ne doit être instauré que si les symptômes ont un impact négatif sur la qualité de vie. Dans tous les cas, une évaluation soigneuse des risques et bénéfices doit être menée au moins une fois par an et le THS ne devra être poursuivi que si les bénéfices sont supérieurs aux risques. Les données relatives aux risques associés aux THS dans le traitement de la ménopause précoce sont limitées. Cependant, compte-tenu du faible risque absolu chez les femmes plus jeunes, la balance bénéfice/risque pourrait être plus favorable chez ces dernières que chez les femmes plus âgées. Examen clinique et surveillance Avant d’instaurer ou de reprendre un THS, il est recommandé de procéder à une anamnèse personnelle et familiale complète. Un examen physique (y compris gynécologique et mammaire) doit être pratiqué, en tenant compte de cela et des contre-indications et précautions d’emploi. Pendant le traitement, des contrôles réguliers sont recommandés avec une fréquence et une nature adaptées à chaque femme. Les femmes doivent être informées que tout changement au niveau de leurs seins doit être signalé à leur médecin ou infirmière (voir paragraphe ci-dessous ‘Cancer du sein’). Les examens, y compris les examens d’imagerie adaptés, comme la mammographie, doivent être effectués en accord avec les pratiques de dépistage en vigueur, tout en étant adaptés aux besoins cliniques de la personne. Dans certaines indications, telles que l’hémorragie utérine, l’aménorrhée, la dysménorrhée, il est nécessaire d’entreprendre au préalable un bilan étiologique afin de s’assurer du caractère fonctionnel de l’affection avant de commencer le traitement. Il est notamment conseillé de s’assurer par un examen clinique, éventuellement complété par des examens complémentaires, de l’absence d’un cancer de l’utérus (col, endomètre) et du sein. Affections nécessitant une surveillance En cas de présence, d’antécédents et/ou d’aggravation au cours d’une grossesse ou d’un traitement hormonal antérieur d’une des affections suivantes, la patiente doit être étroitement surveillée. Il faut tenir compte du fait que ces affections peuvent réapparaître ou s’aggraver pendant le traitement par Lutenyl , en particulier: Léiomyome (fibromes utérins) ou endométriose Facteurs de risque d’affections thromboemboliques (voir ci-dessous) Facteurs de risque de tumeurs œstrogéno-dépendantes, p. ex. cancer du sein chez une parente au premier degré Hypertension Affections hépatiques (p. ex. adénome hépatique) Diabète sucré, avec ou sans atteinte vasculaire Lithiase biliaire Migraine ou céphalées (sévères) Lupus érythémateux disséminé Antécédents d’hyperplasie de l’endomètre (voir ci-dessous) Épilepsie Asthme Otosclérose Motifs d’interruption immédiate du traitement Le traitement doit être interrompu en cas de survenue d’une contre-indication et dans les situations suivantes: Ictère ou détérioration de la fonction hépatique Augmentation significative de la tension artérielle Nouvel épisode de céphalées de type migraineux Grossesse Hyperplasie et cancer de l’endomètre Chez les femmes dont l’utérus est intact, le risque d’hyperplasie de l’endomètre et de carcinome est augmenté si les œstrogènes sont administrés seuls sur de longues périodes. Le risque de cancer de l’endomètre constaté parmi les utilisatrices d’œstrogènes seuls peut être 2 à 12 fois plus élevé par rapport aux non-utilisatrices, en fonction de la durée du traitement et de la dose d’œstrogènes (voir rubrique 4.8). À l’arrêt du traitement, le risque peut rester élevé pendant au moins 10 ans. L’association cyclique d’un progestatif pendant au moins 12 jours par mois/par cycle de 28 jours, ou un traitement œstroprogestatif combiné continu chez les femmes n’ayant pas subi d’hystérectomie prévient le risque supplémentaire associé au THS à base d’œstrogènes seuls. Des métrorragies et du spotting peuvent survenir pendant les premiers mois du traitement. S’ils apparaissent quelque temps après le début du traitement, ou s’ils se poursuivent à l’arrêt du traitement, la cause doit en être recherchée, éventuellement en pratiquant une biopsie de l’endomètre pour exclure une tumeur de l’endomètre. Cancer du sein L’ensemble des données suggère un risque accru de cancer du sein chez les femmes prenant un THS œstroprogestatif combiné et éventuellement aussi un THS à base d’œstrogènes seuls, qui est fonction de la durée de prise du THS: Traitement œstroprogestatif combiné L’essai clinique randomisé placebo-contrôlé Women’s Health Initiative (WHI) et les études épidémiologiques constatent de manière cohérente un risque accru de cancer du sein chez les femmes prenant un THS œstroprogestatif combiné qui devient évident au bout de 3 ans environ (voir rubrique 4.8). Traitement à base d’œstrogènes seuls L’essai WHI n’a pas mis en évidence d’augmentation du risque de cancer du sein chez les femmes ayant subi une hystérectomie et prenant un THS à base d’œstrogènes seuls. La plupart des études observationnelles ont constaté une légère augmentation du risque de diagnostic de cancer du sein, nettement inférieure à celle observée chez les utilisatrices de traitements œstroprogestatifs combinés (voir rubrique 4.8). Le risque supplémentaire devient évident au bout de quelques années d’utilisation, mais revient à la valeur de base dans les quelques années (5 au plus) qui suivent l’arrêt du traitement. Le THS, en particulier le traitement œstroprogestatif combiné, augmente la densité des images mammographiques, ce qui peut avoir un impact négatif sur le dépistage radiologique du cancer du sein. Cancer de l’ovaire Le cancer de l’ovaire est bien plus rare que le cancer du sein. L’utilisation à long terme (au moins 5 à 10 ans) de produits de THS à base d’œstrogènes seuls a été associée à un risque légèrement augmenté de cancer de l’ovaire (voir rubrique 4.8). Certaines études, y compris l’essai WHI, suggèrent que l’utilisation à long terme d’un THS œstroprogestatif combiné peut conférer un risque similaire ou légèrement inférieur (voir rubrique 4.8). Thromboembolie veineuse Le THS est associé à un risque 1,3 à 3 fois plus important de développer une thromboembolie veineuse (TEV), c’est-à-dire une thrombose veineuse profonde ou une embolie pulmonaire. La survenue d’un tel évènement est plus probable au cours de la première année du THS qu’après (voir rubrique 4.8). Les patientes ayant des affections thrombophiliques connues présentent un risque accru de TEV et le THS peut augmenter ce risque. Le THS est donc contre-indiqué chez ces patientes (voir rubrique 4.3). Les facteurs de risque généralement reconnus de TEV incluent: utilisation d’œstrogènes, âge plus avancé, chirurgie majeure, immobilisation prolongée, obésité (BMI > 30 kg/m 2 ), grossesse/post�partum, lupus érythémateux disséminé (LED) et cancer. Aucun consensus n’a été atteint sur le rôle possible des varices dans la TEV. Comme chez tous les patients postopératoires, des mesures prophylactiques doivent être envisagées pour prévenir les TEV qui surviennent après une intervention chirurgicale. Si une immobilisation prolongée est prévue après une intervention chirurgicale planifiée, il est recommandé d’interrompre le THS 4 à 6 semaines plus tôt. Le traitement ne doit pas être repris tant que la patiente n’aura pas retrouvé toute sa mobilité. Chez les femmes sans antécédent de TEV, mais dont l’un des parents au premier degré présente un antécédent de thrombose à un âge jeune, le dépistage peut être proposé après avoir expliqué clairement ses limites (seule une partie des anomalies thrombophiliques peut être identifiée par le dépistage). Si l’on identifie une anomalie thrombophilique qui ségrége une thrombose chez des membres de la famille, ou si l’anomalie est dite » sévère » (p. ex. déficits en antithrombine, protéine S ou protéine C, ou une association de déficits), le THS est contre-indiqué. Pour les femmes déjà sous traitement anticoagulant chronique, le rapport bénéfice/risque d’utilisation d’un THS doit être soigneusement évalué. Si une TEV se développe après le début du traitement, celui-ci doit être interrompu. Les patientes doivent être informées qu’elles doivent contacter immédiatement leur médecin dès la survenue d’un éventuel symptôme thromboembolique (p. ex. gonflement douloureux d’une jambe, douleur soudaine dans la poitrine, dyspnée). Maladie coronarienne Les essais contrôlés randomisés n’ont pas montré une protection contre l’infarctus du myocarde chez les femmes avec ou sans maladie coronarienne préexistante ayant reçu un THS œstroprogestatif combiné ou à base d’œstrogènes seuls. Traitement œstroprogestatif combiné Le risque relatif de maladie coronarienne au cours de l’utilisation d’un THS œstroprogestatif combiné est légèrement augmenté. Étant donné que le risque absolu de base de maladie coronarienne dépend fortement de l’âge, le nombre de cas supplémentaires liés à l’utilisation d’œstrogènes + progestatifs est très faible chez les femmes en bonne santé proches de la ménopause, mais augmente au fur et à mesure que l’âge avance. Traitement à base d’œstrogènes seuls Les données contrôlées randomisées n’ont pas mis en évidence d’augmentation du risque de maladie coronarienne chez les femmes ayant subi une hystérectomie et utilisant un traitement à base d’œstrogènes seuls. Accident vasculaire ischémique Les traitements hormonaux à base d’œstrogènes seuls ou d’une combinaison oestroprogestative sont associés à une augmentation jusqu’à 1,5 fois du risque d’accident vasculaire ischémique. Le risque relatif ne varie pas en fonction de l’âge ou du délai écoulé depuis la ménopause. En revanche, étant donné que le risque initial d’AVC dépend fortement de l’âge, le risque global d’AVC chez les utilisatrices d’un THS augmente avec l’âge (voir rubrique 4.8). Méningiome : Des cas de méningiomes (simples et multiples) ont été rapportés lors de l’utilisation d’acétate de nomégestrol, en particulier à des doses élevées et pendant une durée prolongée (plusieurs mois à plusieurs années). Les patientes doivent faire l’objet d’une surveillance pour détecter les signes et symptômes de méningiomes conformément à la pratique clinique. Si un méningiome est diagnostiqué chez une patiente, tout traitement contenant d’acétate de nomégestrol doit être arrêté par mesure de précaution. Certaines données montrent que le risque de méningiome peut diminuer après l’arrêt du traitement par l’acétate de nomégestrol. Autres maladies Les œstrogènes peuvent induire une rétention hydrique ; les patientes ayant des maladies cardiaques ou rénales doivent donc faire l’objet d’une surveillance étroite. Les femmes avec une hypertriglycéridémie préexistante doivent être suivies de près pendant le traitement œstrogénique ou hormonal substitutif, car de rares cas d’augmentations importantes des triglycérides plasmatiques ayant entraîné une pancréatite ont été signalés avec le traitement à base d’œstrogènes dans ces conditions. Les œstrogènes peuvent augmenter les taux de TBG (thyroxine-binding globulin, globuline fixant la thyroxine), ce qui peut induire une augmentation des taux circulants d’hormone thyroïdienne, comme le reflète la mesure des taux de PBI (protein-bound iodine, iode lié aux protéines), des taux de T4 (mesurés sur colonne ou par dosage radio-immunologique) ou des taux de T3 (mesurés par dosage radio-immunologique). La fixation de la T3 sur les résines est réduite, suite à l’élévation des taux de TBG. Les concentrations des fractions libres de T4 et T3 restent inchangées. Les taux sériques des autres protéines de liaison telles que la CBG (corticoïd binding globuline, transcortine) et la SHBG (globuline se liant aux hormones sexuelles), peuvent augmenter, ce qui induit une élévation respective des taux sanguins de corticostéroïdes et d’hormones sexuelles. Les concentrations des fractions libres ou des fractions biologiques actives des hormones sont inchangées. Les taux d’autres protéines plasmatiques peuvent également augmenter (angiotensine/substrat de la rénine, alpha-1- antitrypsine, céruloplasmine). L’utilisation d’un THS n’améliore pas les fonctions cognitives. Certaines données mettent en évidence un risque accru de démence probable chez les femmes commençant à utiliser un THS œstroprogestatif combiné continu ou à base d’œstrogènes seuls après l’âge de 65 ans. Ce médicament est contre-indiqué chez les patientes présentant une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou un syndrome de malabsorption du glucose et du galactose (maladies héréditaires rares).





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